Les polyols peuvent rendre une étiquette nutritionnelle difficile à comprendre au premier regard.
Un produit peut être présenté comme « sans sucres » tout en contenant des glucides et des calories. Une autre étiquette peut afficher les polyols séparément. Sur certains produits, aucune ligne spécifique n'apparaît.
Comprendre la terminologie et la structure de l'étiquette permet d'éviter la plupart des erreurs.
Que sont les polyols ?
Les polyols sont un groupe de glucides également appelés alcools de sucre ou sugar alcohols en anglais.
Malgré ce nom, ils ne correspondent pas à l'alcool présent dans la bière, le vin ou les spiritueux.
Les polyols courants comprennent :
- l'érythritol ;
- le xylitol ;
- le sorbitol ;
- le maltitol ;
- le mannitol ;
- l'isomalt ;
- le lactitol.
On les trouve notamment dans :
- les chewing-gums sans sucres ;
- certaines confiseries ;
- les barres protéinées ;
- les chocolats à teneur réduite en sucres ;
- certains desserts ;
- des produits de boulangerie ;
- divers aliments à teneur réduite en sucres.
Tous les polyols n'ont pas exactement les mêmes propriétés ni la même valeur énergétique.
Polyol ne signifie pas zéro calorie
Une erreur fréquente consiste à considérer tous les polyols comme dépourvus de calories.
Ce n'est pas le cas.
Différents polyols peuvent apporter différentes quantités d'énergie.
L'érythritol, par exemple, fournit très peu d'énergie utilisable par rapport au sucre ordinaire, tandis que d'autres polyols peuvent en fournir davantage.
Voir simplement « 10 g de polyols » ne suffit donc pas toujours à connaître exactement leur contribution énergétique.
Les polyols sur les étiquettes américaines
Sur une étiquette Nutrition Facts américaine, les sugar alcohols peuvent apparaître sous Total Carbohydrate.
Exemple simplifié :
Total Carbohydrate: 25 g
Dietary Fiber: 8 g
Total Sugars: 3 g
Sugar Alcohol: 10 g
Le point essentiel est que les 10 g de sugar alcohol ne doivent généralement pas être ajoutés une deuxième fois aux 25 g de glucides totaux.
Il serait donc incorrect de calculer :
25 g de glucides + 10 g de polyols = 35 g de glucides.
Les polyols sont à interpréter à l'intérieur de la structure des glucides indiquée sur l'étiquette.
Les polyols sont-ils toujours indiqués séparément aux États-Unis ?
Pas nécessairement.
Une ligne spécifique consacrée aux sugar alcohols n'est pas présente sur chaque produit qui contient des polyols.
Selon le produit et les allégations utilisées, leur déclaration peut être volontaire ou obligatoire.
Il peut donc être utile de consulter également la liste des ingrédients.
Les polyols sur les étiquettes européennes
En Europe, le terme polyols est couramment utilisé.
Une étiquette peut par exemple indiquer :
Glucides : 20 g
dont sucres : 3 g
dont polyols : 8 g
Les polyols peuvent être déclarés dans le cadre des informations relatives aux glucides.
La distinction essentielle est la suivante :
les sucres et les polyols ne sont pas la même catégorie.
Un aliment peut donc contenir peu de « dont sucres » tout en contenant une quantité notable de glucides provenant notamment des polyols.
Les étiquettes européennes et américaines ne sont pas identiques
C'est particulièrement important lorsque vous comparez des produits de différents pays.
Une étiquette américaine peut utiliser :
Sugar Alcohol
alors qu'une étiquette européenne utilise plutôt :
Polyols
La présentation générale des glucides diffère également.
Il ne faut donc pas comparer automatiquement chaque ligne sans tenir compte du système d'étiquetage.
Identifier les polyols dans la liste des ingrédients
Si le tableau nutritionnel n'indique pas clairement leur présence, regardez la liste des ingrédients.
Les noms courants comprennent :
- érythritol ;
- sorbitol ;
- xylitol ;
- maltitol ;
- mannitol ;
- isomalt ;
- lactitol.
Plusieurs noms se terminent par « -ol », mais il est préférable d'identifier l'ingrédient lui-même plutôt que de se fier uniquement à sa terminaison.
Exemple avec une étiquette américaine
Imaginons une barre indiquant :
- Total Carbohydrate : 24 g
- Dietary Fiber : 7 g
- Total Sugars : 4 g
- Sugar Alcohol : 9 g
Une erreur fréquente serait d'additionner ces quatre valeurs.
Ce serait incorrect.
Les fibres, les sucres et les polyols fournissent des informations supplémentaires à l'intérieur de la présentation des glucides.
Il ne s'agit pas de quatre totaux indépendants.
Exemple avec une étiquette européenne
Imaginons un produit indiquant pour 100 g :
- Glucides : 30 g
- dont sucres : 5 g
- dont polyols : 12 g
Cela ne signifie pas :
30 + 5 + 12 = 47 g de glucides.
Les lignes « dont » détaillent la valeur principale.
Comprendre cette hiérarchie permet d'éviter de compter deux fois les mêmes composants.
Pourquoi les calories ne correspondent pas toujours à un calcul 4-4-9
Une approximation courante pour calculer l'énergie consiste à utiliser :
- glucides : 4 kcal/g ;
- protéines : 4 kcal/g ;
- lipides : 9 kcal/g.
Mais certains composants peuvent être soumis à d'autres facteurs énergétiques.
Les polyols en sont un exemple.
Les fibres et l'alcool peuvent également compliquer un calcul simple.
Multiplier systématiquement tous les grammes de glucides par exactement 4 kcal ne reproduira donc pas toujours la valeur énergétique imprimée.
Cela ne signifie pas automatiquement que l'étiquette est incorrecte.
Les différents polyols n'ont pas tous la même valeur énergétique
Considérer tous les polyols comme identiques peut conduire à des estimations inexactes.
L'érythritol et le maltitol, par exemple, ne sont pas traités de la même manière par l'organisme et ne contribuent pas nécessairement de façon identique à l'énergie.
Les systèmes réglementaires peuvent également utiliser des facteurs de conversion spécifiques pour calculer l'énergie affichée.
Pour le suivi alimentaire quotidien, la valeur énergétique indiquée sur une étiquette conforme est généralement plus pratique que de tenter de reconstruire soi-même le calcul du fabricant.
Que faut-il enregistrer ?
Pour enregistrer un aliment emballé, commencez par les informations correspondant à la quantité réellement consommée.
Vérifiez :
- la base de référence ;
- la portion consommée ;
- les calories ou l'énergie indiquées ;
- la quantité de glucides ;
- la présence éventuelle de fibres ou de polyols séparément.
Si une entrée de base de données correspond à l'emballage, vous pouvez généralement utiliser les valeurs de l'étiquette.
N'ajoutez pas les polyols une deuxième fois aux glucides.
Exemple : enregistrer une barre protéinée
Supposons qu'une barre contienne :
- 190 kcal ;
- 20 g de protéines ;
- 18 g de glucides ;
- 7 g de lipides ;
- 6 g de polyols.
Si l'étiquette indique déjà 18 g de glucides, n'enregistrez pas :
18 g de glucides + 6 g de polyols
comme si la barre contenait 24 g de glucides.
Respectez la structure du système d'étiquetage utilisé.
Et les glucides nets ?
Les « net carbs » ou glucides nets sont couramment utilisés dans certains marchés et certaines approches alimentaires, mais il ne s'agit pas d'une valeur universellement standardisée.
Un calcul courant retire une partie ou la totalité de :
- fibres ;
- polyols.
Cependant, les différentes méthodes ne traitent pas nécessairement tous les polyols de la même façon.
Deux entreprises peuvent donc parfois présenter des valeurs différentes de glucides nets.
Pour le suivi nutritionnel général, il est utile de distinguer :
les valeurs réglementées de l'étiquette
et
les calculs facultatifs ou commerciaux de glucides nets.
Si vous suivez spécifiquement les glucides nets, vérifiez la méthode utilisée par votre application ou votre base de données.
Sans sucres ne signifie pas sans glucides
Une allégation « sans sucres » ne signifie pas automatiquement :
- zéro glucide ;
- zéro calorie ;
- portion illimitée.
Le produit peut contenir des polyols, de l'amidon, des fibres, des lipides, des protéines ou d'autres ingrédients fournissant de l'énergie.
Lisez l'ensemble des informations nutritionnelles plutôt que de vous fier uniquement à l'avant de l'emballage.
Sans sucres ajoutés ne signifie pas sans polyols
« Sans sucres ajoutés » et « contient des polyols » décrivent deux choses différentes.
Un produit peut contenir des polyols sans que du sucre conventionnel ait été ajouté.
Il peut également contenir des sucres naturellement présents.
La liste des ingrédients et le tableau nutritionnel fournissent donc davantage d'informations qu'une seule mention marketing.
Les polyols sont-ils des édulcorants intenses ?
Non.
Les polyols et les édulcorants à haute intensité sont des catégories différentes.
Parmi les édulcorants intenses, on trouve par exemple :
- le sucralose ;
- l'aspartame ;
- l'acésulfame K ;
- les glycosides de stéviol.
Ce ne sont pas des polyols.
Un produit peut contenir un polyol, un édulcorant intense ou les deux.
Pourquoi combiner plusieurs édulcorants ?
Les fabricants peuvent associer différents ingrédients afin d'obtenir :
- de la douceur ;
- une texture particulière ;
- du volume ;
- une meilleure rétention d'humidité ;
- certaines propriétés de cuisson ;
- une meilleure stabilité.
Le sucre ne sert pas uniquement à sucrer.
Les polyols peuvent apporter du volume que les édulcorants intenses n'apportent pas.
Cela explique pourquoi certains produits réduits en sucres utilisent plusieurs ingrédients différents.
Les polyols peuvent-ils affecter la digestion ?
Certains polyols peuvent provoquer des symptômes gastro-intestinaux chez certaines personnes, notamment lorsqu'ils sont consommés en quantité importante.
Cela peut inclure :
- ballonnements ;
- gaz ;
- inconfort abdominal ;
- effet laxatif.
La tolérance varie selon les personnes et selon les polyols.
Cela ne signifie pas que tous les aliments contenant des polyols provoqueront des symptômes.
Si certains aliments semblent provoquer régulièrement des problèmes digestifs, il peut être utile d'en parler à un professionnel de santé qualifié.
Pourquoi la portion est importante
Supposons qu'un emballage contienne deux portions.
L'étiquette indique par portion :
- 150 kcal ;
- 15 g de glucides ;
- 6 g de polyols.
Si vous mangez tout l'emballage, vous consommez :
- 300 kcal ;
- 30 g de glucides ;
- 12 g de polyols.
Les polyols ne doivent toujours pas être ajoutés une nouvelle fois aux glucides.
La première étape consiste toujours à adapter les valeurs à la quantité réellement consommée.
Pour 100 g ou par portion
Les étiquettes européennes fournissent généralement les informations nutritionnelles pour 100 g ou 100 ml.
Certains produits ajoutent également des valeurs par portion.
Les étiquettes américaines mettent souvent davantage l'accent sur la portion.
Lors d'une comparaison ou d'un enregistrement, vérifiez toujours la base utilisée.
Par exemple :
250 kcal pour 100 g
ne signifie pas qu'une portion de 40 g contient 250 kcal.
Le calcul est :
250 × 40 / 100 = 100 kcal
Le même principe s'applique aux glucides et aux polyols.
Ne comparez pas uniquement la ligne des sucres
Si vous comparez deux produits réduits en sucres uniquement à partir de la ligne « sucres », vous risquez de manquer des différences importantes.
Regardez selon votre objectif :
- l'énergie totale ;
- les glucides ;
- les sucres ;
- les polyols lorsqu'ils sont déclarés ;
- les fibres ;
- les protéines ;
- les lipides ;
- la taille de la portion.
Une quantité de sucres plus faible ne signifie pas automatiquement moins de calories.
Exemple de comparaison
Prenons deux barres de 50 g.
Barre A
- 180 kcal
- 20 g de glucides
- 12 g de sucres
- aucun polyol déclaré
Barre B
- 175 kcal
- 22 g de glucides
- 3 g de sucres
- 10 g de polyols
La barre B contient beaucoup moins de sucres, mais presque autant de calories.
Regarder uniquement les sucres masquerait cette information.
Pourquoi peu de sucres peut coexister avec beaucoup de glucides
Les glucides ne proviennent pas uniquement des sucres.
Selon le produit et le système d'étiquetage, ils peuvent inclure ou être liés à :
- l'amidon ;
- les sucres ;
- les polyols ;
- le traitement réglementaire des fibres.
Un produit affichant :
2 g de sucres
ne contient donc pas nécessairement seulement 2 g de glucides.
Lisez toujours cette ligne dans le contexte du tableau complet.
Que faire si les calories et les macros semblent incompatibles ?
De petites différences peuvent provenir :
- des arrondis ;
- des fibres ;
- des polyols ;
- de l'alcool ;
- des facteurs énergétiques réglementaires ;
- de l'arrondi des portions.
Ne remplacez pas automatiquement les calories imprimées par un calcul personnel basé sur 4-4-9.
Pour un aliment emballé, utilisez généralement les valeurs indiquées pour la quantité consommée, sauf raison précise de penser que l'entrée est incorrecte.
Mealisa traite séparément la question pratique de l'enregistrement lorsque les calories et le calcul des macronutriments ne correspondent pas.
Une méthode simple pour lire l'étiquette
Pour un produit contenant des polyols :
1. Vérifiez la base
Les valeurs sont-elles indiquées par portion, pour 100 g ou pour l'ensemble de l'emballage ?
2. Lisez l'énergie
Notez les calories ou kilojoules correspondant à la quantité pertinente.
3. Lisez les glucides
Utilisez la valeur conformément au système d'étiquetage.
4. Regardez les sucres
Cette ligne n'est pas un total supplémentaire de glucides.
5. Regardez les polyols
S'ils sont déclarés, ne les ajoutez pas automatiquement une deuxième fois.
6. Consultez les ingrédients
Identifiez le polyol ou l'édulcorant réellement utilisé.
7. Adaptez à la quantité consommée
Convertissez toutes les valeurs selon votre portion réelle.
Cette séquence permet d'éviter la plupart des erreurs d'interprétation.
À retenir
Les polyols sont des glucides également appelés alcools de sucre, mais ils ne sont ni des sucres ordinaires ni l'alcool des boissons alcoolisées.
Lorsque vous lisez une étiquette :
- reconnaissez les termes « sugar alcohol » et « polyols » ;
- gardez à l'esprit que les étiquettes américaines et européennes sont structurées différemment ;
- n'ajoutez pas une valeur de polyols aux glucides une deuxième fois ;
- ne supposez pas que tous les polyols fournissent la même quantité d'énergie ;
- utilisez généralement l'énergie imprimée pour enregistrer un produit emballé ;
- vérifiez toujours la base et la portion avant l'enregistrement ;
- distinguez les valeurs réglementées des calculs facultatifs de « glucides nets ».
Une fois que vous savez où placer les polyols dans la structure de l'étiquette, les produits sans sucres ou à teneur réduite en sucres deviennent beaucoup plus simples à interpréter.
